CHRONOLOGIE_DE_RECHERCHE
La science du deuil : pourquoi les cinq étapes n'ont jamais été de vraies règles
L'essentiel de ce que les gens 'savent' sur le deuil — cinq étapes, une échéance, l'idée que se sentir bien serait du déni — vient d'un livre de 1969 sur des patients mourants, pas d'études sur des personnes endeuillées. Cinquante ans de données réelles racontent une autre histoire : la résilience est la réponse la plus fréquente, rester lié à la personne perdue est sain, et alterner entre le chagrin et la vie qui continue, c'est ainsi que fonctionne l'adaptation. Voici comment la science a changé, et d'où vient le vieux scénario.
Comment la science a changé · 1969–2007
- 1969
Elisabeth Kübler-Ross publie On Death and Dying et décrit cinq étapes — déni, colère, marchandage, dépression, acceptation — à partir d'entretiens avec des patients en phase terminale face à leur propre mort, pas avec des personnes endeuillées. ↗
- 1989
'The Myths of Coping with Loss' de Wortman et Silver passe en revue les données : les postulats centraux — la dépression serait inévitable, la détresse nécessaire, la perte devrait être 'travaillée' — ne sont pas étayés et sont parfois contredits par les faits. ↗
- 1996
Klass, Silverman et Nickman publient Continuing Bonds : entretenir une relation intérieure avec le défunt est courant dans de nombreuses cultures et généralement sain — ce qui renverse l'idée que résoudre le deuil exige de 'lâcher prise'. ↗
- 1999
Stroebe et Schut proposent le modèle du double processus : une adaptation saine oscille entre l'affrontement de la perte et les exigences pratiques de la vie — faire des pauses dans le chagrin fait partie du processus, ce n'est pas de l'évitement. ↗
- 2002
Bonanno et ses collègues publient la première grande étude prospective sur le deuil (mesures avant et après la perte) : la résilience — détresse faible et stable — est la trajectoire la plus fréquente, avec 45,9 % de l'échantillon. ↗
- 2004
Dans American Psychologist, Bonanno soutient que la résilience après une perte n'est ni rare ni pathologique mais ordinaire — et que l'absence de chagrin visible a longtemps été interprétée à tort par les cliniciens comme du déni ou un 'deuil différé'. ↗
- 2007
Maciejewski et ses collègues mènent dans JAMA le premier grand test empirique de la théorie des étapes : l'acceptation — pas le déni — est la réponse la plus fréquente dès le début, et la plupart des endeuillés ne traversent pas les étapes dans l'ordre. ↗