SCENE_01
Tu regardes ton téléphone en vidant le lave-vaisselle
Mercredi, 14h47. Pas de notification depuis quatre jours. Pas de 'salut, ça va?' de la part de personne. Tu penses à Sophie — vous aviez l'habitude de vous écrire pour des trucs stupides, une photo, une question qui t'attend dans ta tête depuis le matin. Maintenant ? Rien. Tu décides de ne pas écrire cette fois. Tu vas attendre. Un jour passe. Deux. À jeudi soir, tu as ta réponse. Personne ne remarque.
SCENE_02
Le score que tu comptes sans le dire
C'est devenu une preuve. Chaque fois que tu prends contact, tu note mentalement : encore une qui ne m'a pas appelée. Encore une qui s'en fiche. C'est toi qui choisis où vous vous voyez, qui propose l'heure, qui arrange tout. Eux ? Ils répondent. C'est tout. Et ça confirme quelque chose que tu soupçonnais : maintenant que tu as des enfants, tu es seule à faire l'effort. Ils ont trouvé des amis sans bébés qui crient la nuit.
SCENE_03
Ils ne savent pas comment t'atteindre
Une amie sans enfants pense à toi — vraiment. Mais elle se demande : est-ce que seize heures c'est trop tôt ? Est-ce que tu vas trouver mon idée nulle ? Et si tu dis oui et que tu annules ? Elle sait que tu es occupée. Elle ne veut pas déranger. Elle attend que tu fasses signe en premier, comme si c'était toi qui dictais les règles du jeu. Entre-temps, tu attends qu'elle fasse signe — comme si refuser était plus simple que proposer. Mais ce n'est pas un abandon. C'est une impasse. La taxe n'est pas sur l'amour ; elle est sur l'horaire.