TESTE_TES_CONNAISSANCES
La science de la dynamique entre frères et sœurs adultes : pourquoi les vieux rôles ne sont jamais partis
La plupart des familles ne votent jamais pour savoir qui est le préféré, le problématique ou le fiable — les rôles se figent tout seuls, en général avant que les personnes concernées puissent avoir leur mot à dire. Des décennies de recherche sur le traitement parental et les relations entre frères et sœurs adultes montrent ce que cela laisse derrière : des différences mesurables dans la façon dont les parents traitent leurs enfants, des frères et sœurs adultes capables de décrire cet écart en détail, et un récit intérieur — 'moins aimé', 'le problème', 'celui qui répare tout' — qui continue de tourner, que quelqu'un y croie encore ou non. Voici ce que disent les données sur qui se retrouve assigné à quel rôle, pourquoi ce rôle ne disparaît pas simplement parce qu'on a changé, et pourquoi plus d'un adulte sur quatre finit par être en rupture avec un frère ou une sœur à un moment donné — généralement pour des raisons plus grandes que l'un ou l'autre des deux.
TESTE-TOI · Connais-tu vraiment cette science ?
01 D'où vient le concept de 'bouc émissaire familial' dans la recherche sur les systèmes familiaux ?
L'article de Vogel et Bell de 1960 décrivait comment un enfant émotionnellement perturbé pouvait incarner et porter une tension non résolue entre d'autres membres de la famille — l'origine de ce qu'on appelle aujourd'hui le rôle de bouc émissaire familial. source ↗
02 Dans l'étude de Jensen et ses collègues (2013), qu'ont rapporté les frères et sœurs qui recevaient moins de soutien parental que leur frère ou leur sœur ?
Jensen et ses collègues ont constaté que, parmi 151 paires de frères et sœurs, les enfants ayant rapporté recevoir moins de soutien parental que leur frère ou sœur présentaient significativement plus de symptômes dépressifs. source ↗
03 Gilligan et ses collègues (2013) ont constaté que le favoritisme perçu de quel parent prédisait davantage de tensions fraternelles à l'âge adulte ?
Gilligan, Suitor, Kim et Pillemer ont constaté que le favoritisme paternel perçu prédisait les tensions fraternelles à l'âge adulte, contrairement au favoritisme maternel perçu — et l'effet était le plus fort chez les filles. source ↗
04 Selon Peng, Suitor et Gilligan (2018), se souvenir du favoritisme vécu dans l'enfance prédisait des symptômes dépressifs à l'âge adulte :
Peng, Suitor et Gilligan ont constaté que les souvenirs d'enfance et les perceptions actuelles du favoritisme maternel prédisaient tous deux des symptômes dépressifs, sans effet modérateur du rang de naissance ou du genre — le lien tenait quelle que soit la position familiale. source ↗
05 La grande étude de panel de Hank et Steinbach (2023) a révélé que la rupture entre frères et sœurs est le plus souvent déclenchée par :
À partir des données de panel pairfam portant sur 5 729 personnes, Hank et Steinbach ont constaté que la rupture entre frères et sœurs était le mieux prédite par des caractéristiques structurelles de la relation fraternelle et des événements familiaux perturbateurs — en particulier le divorce ou le décès d'un parent — plutôt que par des conflits ponctuels. source ↗